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Le blog d'Essigny-le-Petit

Les nouvelles de la commune d'Essigny-le-Petit

Le soldat Moralès et autres...

Publié le 20 Juin 2012 par jphb in La vie communale

Bien sûr, les textes que vous lirez n'auront pas la saveur de ceux que vous avez ou auriez pu écouter au théâtre essignyacois de samedi dernier.

 

 

P1080716.JPG

 

Monsieur Lamère a épousé Mademoiselle Lepère.

 

 De ce mariage, est né un fils aux yeux pers. 

Monsieur est le père, Madame est la mère.

 Les deux font la paire.

 

Le père, quoique père, est resté Lamère,

mais la mère, avant d'être Lamère était Lepère.

Le père est donc le père sans être Lepère,

puisqu'il  est Lamère et la mère est Lamère,

bien que née Lepère.

 

 Aucun des deux n'est maire.

 N'étant ni le maire ni la mère,

le père ne commet donc  pas d'impair en signant Lamère.

 Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire.

 Il sera le maire Lamère, aux yeux pers,

fils de Monsieur  Lamère, son père,

et de Mademoiselle Lepère, sa mère.

 

La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd.

Aux obsèques,

le père de la mère du maire, le grand-père Lepère,

vient du  bord de mer,

et marche de pair avec le maire Lamère, son petit-fils.

 

Les amis du maire, venus pour la mère,

cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire

et Lepère, père de la mère du maire,

venu de la mer, et chacun s'y  perd !»

 

 

P1080725.JPG

 

 

A toi,
A toi mon frère
Que j'ai z'aimé comme t'un père
Compagnon d'armes
Mort sur la route du devoir
Te voilà maintenant rendu
Au pays des disparus
Mort pour l'honneur des trois couleurs
Toi qui l'auras trop bien aimé
Et parfois même z'abusé
Te voilà doncques dans la bière
Dors, soldat Morales
Dors, dedans ta caisse

Car par delà de ta mort
Et de ces vers qui te picorent
Dans mon esprit tu brilles encore
Enfant de Marie, tout en guenilles,
De la Nation tu fus le pupille
Bébé martyr et violé
Tu devins vite alcolisé
Tu étais simple dans ta tête
Tu étais simple dans tes gestes
La Societé t'a rejeté
Et c'est l'Armée qui t'a z'aimé

Sur des paroles de par moi-même
Et une musique de l'adjudant-chef Jean-Pierre,
317ème bataillon du 42ème RIMA,

Chanson pour Moralès, compagnon de combat :

{Chanté:}

Dans la campagne de France
J'avais t'un compagnon
Que j'aimais,
Il était mon ami, mon frère,
Comme une sœur(e) dans mon coeur
Je l'aimais,
Mort dans la rizière, la gadoue -e
Déchiqueté -é-e, pulvérisé -é-e
Sur cette mine tu as sauté, tête brûlée !

Moralès(se), Moralès(se),
Disparu t'au champ d'honneur(e)
Pour sauver les trois couleurs
Moralès(se), Moralès(se),
Toi qui voulais voyager
Te voilà z'éparpillé !

Je t'ai pleuré, mon camarade,
Versé des la -armes
Loin des fe -emmes
Et rien ne te remplaceront
Ni la bière, ni ma mère,
Ni mon arme, ni les dames,
La femme est l'avenir des po -ommes
Comme dit Aragon, roi des cons !

Moralès(se), Moralès(se),
Disparu t'au champ d'honneur(e)
Pour sauver les trois couleurs
Moralès(se), Moralès(se),
Toi qui as pris le pari
De partir en confettis !

Et je te jure sur ta tombe
Qu'un jour un mon -onde
Où la pureté
Triompheront,
Car l'ennemi règne ici-bas,
Méchanceté -é-e, brutalité -é-e
Et les dealers et les chômeurs
Et communistes, psychanalystes,
Tous des pédés dégénérés !
Au temps pour moi

Moralès(se), Moralès(se),
Disparu t'au champ d'honneur(e)
Pour sauver les trois couleurs
Moralès(se), Moralès(se),
Toi qui voulais batt' des r'cords
A vingt ans déjà, t'es mort !

 

Didier Bénureau - Chanson pour Moralès

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