Il y a 92 ans, Essigny était libéré. Voici le récit du combat dans lequel était engagé le 15ème Bataillon de Chasseurs à pied.
Le 8, le bataillon, en liaison avec la 47ème D.I., doit attaquer à l'est de Remaucourt et, débordant Essigny par le nord, se rabattre en direction de Courcelles.
L'assaut doit se déclencher à 6 heures 20. Deux compagnies d'attaque : compagnie DOREAU (3ème), compagnie DAVAL (2ème). L'artillerie de renfort n'a pu pendant la nuit gagner ses positions. Malgré ces conditions défavorables, le bataillon, grisé par les succès de l'avant-veille, enlevé par des officiers sublimes de'héroïsme, part telle qu'une meute lorsque sonne l'hallali. Malheureusement les défenses d'Essigny sont intactes, on ne pourra le prendre ce jour-là, mais le bataillon, qui s'est engagé à fond, ne reculera pas non plus. Les lieutenants Dormien et Levieuge sont tués à la tête de leur troupe, le capitaine Daval grièvement blessé, le lieutenant Picot blessé. A la compagnie Daval, privée de ses officiers dès le début de l'action, le sergent Chognard a pris le commandement et maintient ses derniers chasseurs sous un bombardement d'une violence inouïe. La ligne de repli préparée par l'ennemi va être défendue avec acharnement. La ferme Bellecour au nord de Remaucourt, la ferme Malval au sud, n'ont pu être enlevées ar nos voisins et le bataillon engagé à fond sur les deux rives de la Somme est encore une fois en pointe de l'armée. Le capitaine Doreau aura l'honneur de voir figurer ce fait dans son motif de décoration de la Légion d'honneur.
Malgré une soirée et une nuit terrible, tout le terrain acquis au prix de lourdes pertes sera maintenu.
Dans la nuit du 9, le bataillon, dépassé par le 120 ème R.I., vient bivouaquer dans les abris de la ligne Hindenburg.