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(merci à Melle Christine Brasset)
Abbeville, ancienne dépendance d’Homblières, n’existe plus depuis longtemps. C’était anciennement une petite localité composée de quelques maisons habitées par les hôtes et les serfs qui étaient attachés à une exploitation agricole assez importante qui se trouvait en cet endroit. Elle était située près de la vallée des bois et vers la ferme de l’Espérance, à 101 mètres d’altitude, dans un de ces petits vallons qui prennent naissance du côté de Fonsomme et de Fontaine Notre Dame, et à la convergence de deux chemins, dont l’un va à Morcourt, et l’autre d’Homblières à Fonsomme.
Au XIIe siècle, les environs d’Abbeville et d’Homblières étaient cultivés, à l’exception toutefois d’une certaine partie, notamment du côté de Rouvroy, de Morcourt, de Tilloy et d’Essigny-le-petit, qui était encore couverte de bois. La petite vallée qui se trouve sur le terroir d’Essigny-le-petit, en face de la ferme du Buisson, sur le chemin d’Homblières, et celles que l’on voit à gauche et à droite de ce chemin, après les bois que l’on rencontre encore aujourd’hui aux environs de cette ferme, étaient également boisés, ainsi que leurs collines qui couronnent cette vallée. De sorte qu’Homblières et son abbaye, situés dans le vallon où coulait jadis le ruisseau auquel le village a donné son nom, étaient en quelque sorte couverts et protégés de ce côté par les bois.
Aujourd’hui, le sol est dénudé tout autour du village et l’on voit les maisons d’assez loin,
notamment du côté de Neuville-Saint-Amand, du Mesnil et de Marcy. En descendant des hauteurs du chemin d’Essigny, près des bois, là où la côte d’altitude est de 135 mètres, et
d’où l’on voit la basilique de Saint-Quentin et le beffroi, Homblières apparaît tout-à-coup comme encaissé dans le
vallon et sous un riant aspect. Les maisons et les autres bâtiments, presque tous construits en briques et couverts d’ardoises et de
tuiles, forment une masse compacte qui fait ressembler le village à une de ces petites villes bâties dans les vallées et près desquelles on arrive au moment où l’on ne s’y
attend pas.
Du côté de Terre-Neuve, le sol est très accidenté. On distingue d’abord tout près du village, vers le sud-est, les anciennes prairies de l’abbaye, et du côté opposé, en entrant sur le chemin d’Essigny, un vallon assez profond, surmonté du côté de Rouvroy et de Morcourt de monticules d’une certaine élévation.