Bernard Mazé qui n'était plus sur le front mais dans une caserne à Angers le 11 novembre 1918 raconte sa journée :
Enfin, le lundi 11 novembre nous apprenions que là-bas, au pays de mort, le canon avait enfin cessé son infernal tapage. Comme nos camarades devaient respirer plus librement !
Ah, comme je les ai enviés ce jour-là.
Je suis à Angers. J'ai réussi à sortir de la caserne - dieu sait sous quel motif ! La ville est morne, chacun vaque à son travail, pas de groupes, pas de discussions,pas d'emballement, personne n'a l'air de rien savoir. Seule une dépêche affichée rue d'Alsace, dans la vitrine de l'agence Havas, - "Armistice ce matin à 11 heures" - précise que la guerre est finie.
Les commerçants sont ennuyés. Les affaires étaient d'or avec les Américains. Les bistrots sont désespérés, les poules aussi... Beaucoup essaient de se persuader que ce n'est peut-être pas terminé ; ce n'est qu'une trêve dans le combat. Ça va reprendre. Ils espèrent bien que ça va reprendre.
Il me faut faire partager ma joie.
J'aurais tellement aimé quitter cette cour de caserne, rejoindre mes camarades sur le front, éprouver à côté d'eux, avec eux, la joie de vivre, de se répéter à satiété : "c'est fini, c'est fini, nous ne serons pas tués !"
Si vous voulez admirer les croquis de guerre de ce peintre montbéliardais, cliquez
La publication du "journal de guerre de Bernard Mazé" reprend.
Rendez-vous dans quelques jours .... (jphb)
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