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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 09:00

Je le voyais chaque jour entrer et sortir de chez Eugène CORDELETTE (la maison d'en face). Celui-ci géomètre-arpenteur, chaque année, déployait une grosse activité pour l'arpentage et la pesée géométrique des champs de betteraves de la région et pour cela embauchait du personnel saisonnier.

Dès cet instant, et à la suite des évènements catastrophiques qui allaient se produire, j'appris que cet individu était d'abord notre chef et ... le commandant canadien Gustave BIELER - alias commandant Guy - parachuté par le S.O.E. britannique pour y organiser la résistance en vue du débarquement attendu et proche ? et qu'il avait établi son P.C. chez CORDELETTE et DALONGEVILLE.

Ayant évalué le convoi et son chargement, il déclara, à notre grand désappointement, qu'il était impossible de faire sauter celui-ci sans causer de grosses pertes en vies humaines à la population riveraine, nous promettant que ce convoi allait être suivi par la R.AF. par un message radio d'alerte pour une attaque en rase campagne. Puis il repartit aussi discrètement.

Avec MARÉCHAL, notre déconvenue passée, nous décidâmes de faire "quelque chose" quand même. Aidé de Roger C. et de Serge R, il remplaça  les feuilles de route des cadres grillagés de chaque wagon, destination Biarritz, Marseille, Toulouse au lieu de Stettin. Selon MARÉCHAL, pendant qu'ils vont se balader, de triage en triage, ils ne sont pas près d'arriver. Ne voulant pas rester inactifs, avec Mimile F., ayant repéré dans un local près de la gare des seaux et sacs de sable fin prévus pour la défense passive contte les bombes incendiaires et empruntant une brouette, aidés du chauffeur et du mécanicien - eux aussi résistants - nous bourrâmes de sable le maximum de boîtes d'essieux de wagons. Espérant qu'avec le grippage et l'échauffement de ceux-ci, ils finiraient par cramer ! Vers 17 h 30 min, un coup de téléphone reçu à la gare incitait le convoi à reprendre la route. Reformé en une seule rame, il démarra, salué par une série de coups de sifflet de l'équipage partant avec une bonne réserve de patates, contents du bon tour futur joué aux boches et conscients d'avoir échappés à une catastrophe.

 

 

La ferme de Fervaques

La ferme de Fervaques

Sur ces entrefaites, les tracteurs et remorques pilotés par Marc CALONNE et Fabien COEST repartirent à la ferme de Fervaques sans nous. Ceux-ci n'étant au courant de rien de notre activité clandestine (difficile à réaliser avec le travail en équipe), prétextant que le patron venu nous voir nous avait chargés d'attendre les feuilles d'expédition et du plombage. Nous repartîmes à pied chez nous après avoir mis à l'abri notre copieuse part de charbon stockée dans un petit local près des W.C. de la gare, paraît-il fermé à clé d'après MARÉCHAL. Quand deux jours plus tard, nous vînmes pour récupérer notre butin, le tout avait disparu. Farce ? Vacherie du père Noël ? pour nous rappeler que "bien mal acquis ne profite jamais".

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:00

Pour moi, dès septembre 1943, commence mon activité de résistant. Ouvrier agricole le jour ; résistant la nuit - terroriste comme disaient les "boches". Je fais partie de l'équipe de sabotage de Fresnoy-le-Grand sous les ordres de Fernand COCHET (1) et Marcel MARÉCHAL (sous-chef de gare à Fresnoy-le-Grand et intérimaire à la gare d'Essigny-le-Petit (le titulaire souvent absent pour maladie.). Je participe personnellement à 4 sabotages sur 7 réalisés par le groupe, à des parachutages, au transport du poste émetteur de Mariette,etc...

Après une campagne betteravière mémorable, sous une pluie persistant d'octobre à fin novembre, chargeant à la fourche les remorques qui s'enlisent sans cesse, remorques qui sont livrées au centre de stockage de Courcelles pour l'usine d'Eppeville. Auparavant, en septembre, la ferme Dalongeville, grosse productrice de pommes de terre avec stockage dans tous les bâtiements de la ferme. Sitôt la campagne betteravière terminée, triage des pommes de terre, expédition en gare d'Essigny-le-Petit ; 2 remorques le matin, 2 remorques l'après-midi. La mise en wagons fermés puis plombés se faisait sur une voie dans la cour, face à la gare, près du silo à grains. Les expéditions étaient surtout adressées à des comités d'entreprise de grosses usines de la région parisienne qui crevaient littéralement de faim (les ouvriers) avec leurs tickets insuffisants.

A l'équipe d'expédition, je retrouve mes camarades d'école et ... de l'équipe de sabotage, plus précisément , de l'équipe de protection de celle-ci. Personnellement, je n'ai jamais touché à un rail, ni aux clés à tirefonds et éclisses. Notre boulot consistait à neutraliser les gardes-voies en faction le long des voies et, éventuellement, les patrouilles de G.M.R. (2) circulant à vélo pour s'assurer de la présence de ceux-ci à leurs postes.

Notre armement : chacun un gros colt américain et ... une grenade ; les mitraillettes Sten prévues ne sont jamais arrivées, du moins à temps.

Notre équipe se composait d'Émile FALENTIN, Serge ROUSSEAUX, Roger CALONNE et un Parisien (Roger ?), ouvrier chez Citroën, réfractaire planqué chez M. DALONGEVILLE, à l'ancienne maison de M. BOBOEUF (aujourd'hui -en 1994 - résidence Sainte-Colette, dons aux "Orphelins d'Auteuil" par Madame DALONGEVILLE).

 

Ce jour-là, 24 décembre,...

 

Marcel MARÉCHAL fut fusillé par les Allemands le 8 avril 1944 à Saint-Quentin

Marcel MARÉCHAL fut fusillé par les Allemands le 8 avril 1944 à Saint-Quentin

(1) Raymond BAZIN reviendra sur Fernand COCHET dans une annexe à son récit.

(2) G.M.R. : Groupe Mobile de Réserve : unités paramilitaires créées par le gouvernement de Vichy

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 09:00

Après l'exode de mai 1940 en Mayenne avec la famille et les voisins, je me marie en août 1942 à Grugies avec Annette PORREZ connue à l'usine de la Cellulose à Gauchy. En octobre 1942, suis désigné comme travailleur en Allemagne au titre de la relève décrétée par le gouvernement de Vichy (Pétain).

C'est là que commencent ... mes emmerdes ! comme chante Aznavour.

Deviens réfractaire et commence la partie de cache-cache avec les polices de Pétain et allemande. En mars, institution du S.T.O. pour l'Allemagne pour les classes 40-41-42-42-43. N'ayant pas répondu aux convocations pour la signature d'un contrat de travail, je suis arrêté le 14 mars 1943 par la police française, remis aux Allemands et me retrouve en commando disciplinaire : au Strapp-Kommando B-5 à Mulheim-Ruhr près d'Essen. 2 mois "d'Arbeit-schlague", régime jockey plus qu'allégé. Puis je suis transféré en usine et retrouve une vie et une nourriture, surtout, à peu près normales.

Le 31 juillet 1943, grâce à la complicité du docteur LÉONARD - grand résistant - de Saint-Quentin, j'obtins un faux certificat de décès de mon épouse !! et une permission exceptionnelle de 4 jours. Les Boches ne me reverront plus ! sauf en vainqueur en 1945 dans les rangs de la 1ère armée Rhin et Danube.

Rentré chez moi à Gauchy, recherché par la police, je pars me réfugier chez mes parents à Fonsomme. Mis au courant, M. Dalongeville me fournit faux papiers d'identité, certificat de travail et du travail dans sa ferme et me fait entrer au Réseau Musician-Tell du commandant Guy Bieler, logé chez Eugène Cordelette à 20 mètres de chez moi.

Archives de la mairie

Archives de la mairie

Excusez-moi de ce long préambule. J'en viens au but principal de ce courrier.

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 09:00

"A la rentrée d'octobre 1927, nous fûmes admis, par accord tacite du maire d'Essigny d'alors, Ernest GILLERON (1), à fréquenter l'école communale. Mon premier maître fut Monsieur GRÉCOURT (je crois qu'il devait avoir un fils (2) de mon âge). Ce ne fut pas avec un grand enthousiasme que débuta ma carrière scolaire. Allergique à l'école, à chaque récréation, j'avais pris l'habitude de m'écarter de l'aire de jeux vers le monument aux Morts, près de la ferme d'André LUX et de prendre la poudre d'escampette pour aller me réfugier dans le giron maternel. Les 300 mètres qui me séparaient de celui-ci devaient être parcourus dans un temps record !

Après plusieurs fugues, André BOURQUIN, alors l'un des "grands" de la classe était chargé de me surveiller et au besoin me récupérer. Celui-ci faisait semblant, m'invitant même à le faire, car, à chaque passage chez nous, ma mère lui offrait une grenadine ou une limonade - grand luxe à l'époque.

C'est André, voici quelques années avant sa mort, au cours d'une de nos réunions communes à l'ANACR, qui me rappela ce souvenir d'enfance.

A la rentrée scolaire de 1928 (3), changement de décor, ou plutôt de maître. M. GRÉCOURT fut remplacé par un jeune instituteur de Bohain : M. VILCOCQ. A la fin de l'année, invoquant la classe trop petite pour le nombre d'élèves d'alors et, habitant Fonsomme, nous dûmes, ma soeur et moi, nous rendre (à pied, évidemment) à l'école communale de Fonsomme. J'ai toujours, depuis, gardé une rancune tenace à ce maître éphémère qui me sépara de mes premiers copains de l'époque : LAVILLE, BOCHEUX et sa sœur, Raymond et Berthe HENAPPES, Nelly BOBOEUF, les frères LECOQ et BOURQUIN, René MATHIAS, Marcel GILLET, FOURNET, GUILMAIN, etc...

Ma sœur eut pour institutrice Mademoiselle AVOT, moi, Monsieur Marcel HYNDERICK - avec lequel je fis toute ma scolarité - maître exemplaire à qui je dois tout.

Grâce à son excellente instruction, en 1935, je passai le concours d'entrée à l'école des Métiers de Saint-Quentin, rue Raspail - promotion 35-38, en sortit en juillet 38 avec les CAP d'ajusteur, tourneur et fraiseur et le diplôme d'études pratiques industrielles avec mention (pas mal à l'époque pour un gosse d'ouvrier agricole qui n'aimait pas l'école)."

 

 

 

L'INSSET jusqu'en 2015 - Collection particulière

L'INSSET jusqu'en 2015 - Collection particulière

(1) "Ernest GILLERON, maire, directeur résidant à la laiterie des Fermiers réunis. membre de la Ligue des Droits de l'Homme a eu la chance de ne pas être inquiété par les polices de Pétain et boche." (annotation de Raymond Bazin)

(2) Edgard GRÉCOURT, auteur d'un opuscule sur l'école d'Essigny : "Tatzie ou ma vie à l'école de notre village"

(3) Les années de scolarité semblent erronées. D'après les archives de la commune, le site de Généalogie Aisne et Edgard GRÉCOURT,

ont exercé à Essigny :

  • de 1925 à 1928 : Monsieur Fernand LEPREUX
  • du 02/01/1929 au 01/07/1932 : Monsieur Amédée GRÉCOURT
  • de 1932 à 1934-35 : Monsieur CLÉMENT
  • de 1934-35 à 1965 : Monsieur Marcel VILCOCQ
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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 09:00

Nous sommes pendant l'année scolaire 1989-1990.

23 élèves des communes de Croix-Fonsomme, Essigny-le-Petit, Fonsomme et Fontaine-Uterte fréquentent la classe de CE1 dirigée par Marie-Laure Destrumelle.

C'était, je crois bien, la dernière année du regroupement à 4 communes. Faute d'un effectif suffisant, le regroupement perdait une classe : celle de Fontaine-Uterte ; la commune quittait alors le regroupement. Les élèves de cette commune seront alors scolarisés à Fresnoy-le-Grand.

Photo : collection Geneviève Douay

Photo : collection Geneviève Douay

Plusieurs élèves du regroupement scolaire actuel sont les enfants de ces écoliers qui ont l'air si sages.

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 09:00

Le même match que sur la photo précédente.

Sur un coup de pied arrêté, l'arbitre semble se mêler plus directement au match.

A l'arrière-plan, on reconnaît la "4L" du "Palais de la Boisson", les établissements Férat, commerce essignyacois installé à l'emplacement de la laiterie après la cessation d'activité de celle-ci.

Mais quel est donc ce barbu au centre de la photo ? Qui reconnaît-on encore ?

Photo : collection Jean-Yves Lucas

Photo : collection Jean-Yves Lucas

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 09:00

Il reste 5 jours pour parcourir les allées du village de Noël saint-quentinois.

Passez par le chalet d'activités manuelles avec vos enfants,...

Sortir à Saint-Quentin

la piste de raquettes, la patinoire,....

Jusqu'au 20 mars, vous pourrez également visiter l'expo "Art déco" avec une magnifique Bugatti au rez-de-chaussée de l'espace Saint-Jacques. L'essentiel de l'expo se découvre dans les étages des Nouvelles Galeries, chef d’œuvre saint-quentinois de l'Art Déco. (photos interdites).

Sortir à Saint-Quentin

Une autre expo cohabite avec l'Art Déco jusqu'au 13 février. Il s'agit de représentations de Saint-Quentin au fil des siècles. La bataille et le siège de Saint-Quentin en août 1557 font l'objet de plusieurs dessins dont j'ai extrait 3 fragments.

Le 1er est un dessin avec des explications rédigées en allemand.

23 : les sources de la Somme

24 : Fonsomme

25 : Morcourt

Sortir à Saint-Quentin
Sortir à Saint-Quentin

Sur ce 3ème extrait, on voit la Somme en amont de Saint-Quentin avec un moulin à eau. Sur la seconde des gravures, le moulin à eau est indiqué comme "moulin de Rouvroy"

Sortir à Saint-Quentin
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 09:00

Jean-Yves Lucas, ancien Essignyacois, venu animer le repas des anciens a prêté deux photos d'animations locales, sans doute prises lors d'un 14 juillet. Difficile de déterminer l'année et de reconnaître chacun.

L'arbitre devrait rapidement être identifié. Quant aux joueurs de l'équipe "jeunes" ?

Sur une prochaine photo, vous découvrirez quelques-uns des séniors.

Photo : collection Jean-Yves Lucas

Photo : collection Jean-Yves Lucas

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 09:00

Le train 116 qui arrive à Saint-Quentin à 10 h 30 et à Chauny à midi, venant de Busigny, a rencontré sur la voie, à la hauteur de Croix-Fonsomme, onze wagons qu'un train de marchandises le précédant avait laissés en route, on ne sait comment, mais probablement par suite de la rupture d'une chaîne d'attelage.

Le garde-frein se rendit compte du danger que courait le train 116 et serra les freins assez à temps pour éviter une collision.

Le train 116 attacha le tronçon de convoi en détresse à sa locomotive puis continua sa route, poussant devant lui les onze wagons abandonnés, qu'il déposa à Essigny-le-Petit.

Cette manoeuvre avait provoqué un retard assez important, et il fallut que le 116  se garât pour laisser passer l'express 112, qui arrive à Paris à 12 h 50, après un court arrêt à Saint-Quentin, et cela au grand désespoir de plusieurs voyageurs allant à la capitale, et qui comptaient prendre cet express.

Force leur fut de se rabattre sur le train suivant et de s'accomoder d'un retard de plusieurs heures. Les autres voyageurs se sont beaucoup divertis de cet abandon de wagons qui, tout danger évité, n'était plus qu'un incident, sujet à commentaires et à plaisanteries faciles.

 

Extrait de la Lanterne (journal politique quotidien du 5 mars 1899) - Gallica

 

 

 

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 08:00

C'est Gerd LEIMBACH, soldat allemand de Wuppertal qui faisait partie d'une compagnie de transmission attachée à la 95ème division d'infanterie allemande qui a pris cette photo du toueur Ampère I le 29 avril 1941.

Le toueur à Lesdins en 1941

Les toueurs électriques ont été mis en service en 1910.

Jusqu'en 1985, les péniches franchissaient le tunnel du Tronquoy (1 098 mètres de longueur) grâce au toueur.

Depuis le franchissement de ce tunnel se fait librement selon des horaires donnés. Seul le tunnel de Riqueval (5 670 mètres de longueur) est toujours franchi grâce au toueur.

Sur le site de Riqueval, le musée du touage a été installé dans le toueur Ampère I.

Attention, le musée du touage est fermé pour travaux du mardi 18 août au mercredi 2 septembre inclus. Le site du musée en cliquant ici.

Le toueur à Lesdins en 1941

Merci au fils de ce soldat qui a fait don à la ville de Reims de plusieurs centaines de photos prises par son père en France pendant la 2nde Guerre mondiale et à Monsieur Marc BOUXIN, directeur des musées historiques de Reims qui nous a remis 8 photos concernant Essigny et ses environs.

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