Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 08:00

Le malheureux était étendu à terre sans vie. Près de lui, un soldat allemand, qui expliqua, ou voulut expliquer, sans rien expliquer. (Le garde champêtre étant allé voir après lui l'a trouvé sur son lit agonisant et les Allemands dans la maison, selon le second témoignage).

 Toujours est-il que l'on ne trouva pas l'argent et que, vu les circonstances, l'affaire fut classée, et pour cause. Pendant ce temps, toute la population était partie, sans se douter de ce brusque décès. Les Allemands firent descendre les bagages et décidèrent que l'inhumation aurait lieu le surlendemain, au cimetière du village.

 

Les avions alliés avaient suivi le départ des habitants et avaient pu voir que tout le monde partait. Aussi dès le lendemain du décès, croyant bien en l'absence de tout civil, quelques obus à longue portée que tirèrent les nôtres vinrent jeter la frayeur chez l'ennemi. Un de ces obus, dépassant le village, est venu à tomber à un kilomètre de Fonsomme, dans le chemin du Roy. Il faut dire que la commune était repérée, car, en plus de la gare où l'on déchargeait les cailloux,  il y avait aussi, depuis la sortie d'Essigny jusqu'au passage à niveau de Remaucourt, tout un matériel de chemin de fer et autres, et des obus de tous calibres tout le long de la rivère Somme.

 

rail.JPG

 

Une portion de rail (à voie étroite sans doute) trouvé lors de travaux d'enfouissement.

Document Roland Roger.

 

N'ayant plus de civils pour transporter le corps de la maison au cimetière, les Allemands donnèrent l'ordre à M. Henri Ponthieu, qu'ils avaient nommé bourgmestre d'office à Fonsomme de prendre juste le nombre de personnes pour se rendre à l'enterrement à Essigny. A l'heure dite, M. Ponthieu et quatre habitants de Fonsomme (dont votre serviteur), auxquels se joignirent en passant au hameau de Courcelles (Petit-Fonsomme), un homme et deux dames, se rendirent donc dans la maison mortuaire. En traversant le pays, nous étions la risée des soldats, qui étaient devant chaque maison, avec un balai, et déguisés avec des vêtements féminins. Le curé de notre pays, M. l'abbé Véron, avait obtenu l'autorisation de faire une courte cérémonie.

 

allemands.jpg

 

Croquis de Paul Seret dans "Sous la botte" de Elie Fleury

Histoire de la ville de Saint-Quentin sous l'occupation allemande.

 

A suivre...

Partager cet article
Repost0
22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 08:00

Hier, lors de la visite touristique et historique de la commune, avait été évoquée l'évacuation de la commune ordonnée par les Allemands le 5 avril 1917. En voici le récit fait par un des témoins.

 

evacetatcivil.jpg

La clôture du registre de l'état-civil lors de l'évacuation.

 

Au fur et à mesure que les Allemands faisaient évacuer les villages, c'était signe qu'ils ne se sentaient plus en sécurité et qu'ils craignaient une avance des Alliés dans notre contrée, en ces jours d'avril 1917. C'est ainsi, qu'à cette époque, ils décidèrent de faire partir toute la population de notre commune en une seule fois.

Depuis quelques jours, les aviations française et anglaise exécutaient de multiples reconnaissances dans la périphérie et, rapidement, l'odre fut donné aux habitants  d'avoir à se préparer pour le départ, mettant à leur disposition des voitures devant contenir seulement quelques bagages.

Ils n'allèrent que jusqu'à Etaves-et-Bocquiaux, à environ 9 à 10 kilomètres.

 

En ce début d'avril, il restait 237 personnes (hormis les Allemands) dans la commune.

Le 4 avril, 162 furent évacuées sur Seboncourt.

Le 5 avril, 72 sur Etaves et 3 sur Fieulaine.

 

Seulement, si toutes les évacuations se ressemblaient à peu près, celle de notre commune fut attristée par un fait que nous devons rappeler avec beaucoup de peine : les habitants montés en voiture, et dont le cortège s'égrenait un à un, n'en ont même pas eu connaissance ce jour-là. En effet, au moment du départ, un  grand malheur advenait, un grand deuil frappait la commune par la mort soudaine de son maire, M. Lesage, ancien instituteur, demeurant non loin de la gare.

 

lesage01.jpg

lesage02.jpg

 

L'acte de décès de M. Lesage sur le registre d'état-civil

 

La voiture qui enlevait les colis de ce dernier se trouvait être la dernière de ce convoi et M. et Mme Lesage étaient montés tous deux, quand soudainement, tellement étreint par l'émotion, M. Lesage s'aperçut qu'il avait laissé son pardessus dans le couloir, et qu'une certaine somme d'argent se trouvait dans la poche intérieure. D'un bond, il fut à terre et Madame Lesage l'attendit.

 

Ce fut, pendant ce temps, le plus tragique de l'affaire. Ne voyant pas revenir son mari, elle s'impatienta et descendit voir ce qu'il faisait. Jugez de sa stupeur...

 

Selon une autre source :

 

M. Lesage, maire, se rappelant qu'il avait oublié chez lui les oeufs que l'officier allemand lui avait réclamés est parti pour aller les chercher mais il n'est plus revenu. Que s'est-il passé ? Mystère. Le garde champêtre étant allé voir après lui...

 

Ou bien encore, selon M. Verzinet, ancien maire


C'est en évacuant que M. Lesage est décédé et dévalisé sur la route.

 

A suivre...

 

 


Partager cet article
Repost0
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 09:00

Non pas que le blog se pique de vouloir améliorer votre anglais mais en suivant le canard du moteur de recherche "Duckduckgo", j'ai trouvé : 

 

Essigny-le-Petit

At the commune of Essigny-le-Petit is an Etablissement H. Jacomet edition by the sculptor Etienne Camus. In bronzed cast iron it is called Poilu baïonnette au canon" and is a well-known piece in France as is Jacomet's Poilu au repos another work by Camus. Essigny-le-Petit can be reached by the D67 which runs north east from Saint-Quentin. Works marketed by Jacomet were mentioned in the articles on both the Somme and Oise regions.


 

 Vous avez compris qu'il s'agissait du monument aux Morts de la commune.

 

En français, cette fois-ci, vous pouvez retrouver le monument aux Morts essignyacois en suivant ce lien.

 

Le monument est également présenté ici.

Partager cet article
Repost0
11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 09:00

Autre trouvaille grâce au moteur de recherche DuckDuckGo, un athlète à Croix-Fonsomme.

 

Un athlète médaillé à Londres et à Stockholm lors des Jeux olympiques de 1908 et 1912 :

  • Médaille de bronze à Londres sur le 800 mètres
  • Médaille d'argent à Stockholm sur le relais 4 X 400 mètres
  • Médaille d'argent la même année sur le tour de piste (400 mètres).

.

 

Mais qui donc ?

 

Il s'agit de Hanns Braun, pilote allemand d'avion lors de la première Guerre mondiale. Il est mort dans la collision de son avion avec un autre avion de sa propre escadrille de chasse. C'était le 9 octobre 1918 dans le ciel de Croix-Fonsomme.

 

Si vous voulez en savoir plus sur la carrière sportive de ce pilote allemand, cliquez ici.

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 09:00

Rechercher sur Google, c'est une chose.

Utiliser d'autres moteurs de recherche, ça paye.

 

Au figuré, bien sûr. Car c'est gratuit notamment chez DuckDuckGo.

 

Et c'est là que j'ai trouvé cette photo allemande

 

captureallemande.jpg

 

 

Et alors ?

 

Le dos de la photo, écrit au crayon (traduit de l'allemand en anglais puis en français).

 

Pilote anglais capturé à Essigny-le-Petit. Juin 1916

 

S'agit-il d'un des bâtiments de l'aérodrome allemand situé sur le terroir de la commune ?

 

 

Demain, une autre découverte grâce à DuckDuckGo.

 

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 10:00

Il y a un an, essignylepetit -le blog- vous décrivait le parcours du combattant Léon DELIENCOURT lors de la "der des der".

 

Florent GRAS est de la même classe (1902) que Léon DELIENCOURT. Il est donc né en 1882 mais il est de quelques mois plus jeune. 

 

grasflorentnaissance.jpg

 

Extrait de son acte de naissance

 

 

C'est donc le fils de Eugène GRAS, briquetier, et de Eulalie CARPENTIER.

Le 10 novembre 1906, il épousera à Remaucourt Marie Catherine PRUVOT.

 

De cette union est né, à Homblières, le 9 janvier 1911, Maurice Florent Charles.

 

Maurice épouse, à Essigny le 12 juin 1937, Paulette Henriette GOGUILLON.

 

De ce mariage sont nés 3 enfants. Essignyacois de naissance, ils sont toujours Essignyacois puisqu'il s'agit de Huguette Quéry, l'aînée et de ses deux jeunes frères Florent et Jean-Paul.

 

La vie de cette famille se partage entre Homblières et Essigny et il n'est donc pas étonnant de retrouver le nom de Florent GRAS sur les monuments aux Morts de ces deux communes.

 

gras florent

 

Sur le monument d'Homblières

 

 

Florent GRAS est soldat au 87ème Régiment d'Infanterie, le régiment saint-quentinois.

 

gras florent 87ri

La caserne de ce régiment à Saint-Quentin

La caserne a été construite entre 1875 et 1876,

au lieudit "La Folie", emplacement de l'école de plein air et du stade municipal.


Le parcours du 87ème dans le conflit.

 

gras-florent-parcours-regiment.jpg

 

 

Les Eparges

On n'est pas très loin de Verdun. Si vous voulez en savoir plus sur les combats qui s'y sont déroulés de février à avril 1915, cliquez ici.

 

gras florent baionnette

 

Le dernier jour du soldat Florent GRAS

 

gras florent dernier jour

 

grasfiche

 

 

Florent GRAS repose à la nécropole nationale "le Trottoir" aux Eparges

 

gras florent Necropole Trottoir04

 

La nécropole

 

gras florent aux eparges 2005

 

Le champ de bataille, 90 ans après.

 

Sources

Archives des communes d'Essigny-le-Petit et Homblières

Site Mémoire des Hommes

Site de J.C. Gallochat sur l'histoire de la ville de Saint-Quentin  

Le site de vente aux enchères Delcampe 

Lettre de 3 frères poilus

Le site chtimiste



Partager cet article
Repost0
16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 09:00

Suite à l'article du Courrier picard paru le jour anniversaire de l'armistice dee 1918, quatre internautes ont donné des pistes de recherche et deux internautes essignyacois sont à la recherche dans leurs albums photos.

 

plaquephoto.jpg

 

plaquearticle.jpg

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 09:00

Léon Edmond Deliencourt est né le 24 mars 1882 à Essigny-le-Petit.

 

deliencourtnaissance.jpg

 

La copie de son acte de nissance sur le registre d'état-civil de la commune d'Essigny-le-Petit

 

 

Il habite Fieulaine le jour de sa conscription en 1902. Matricule 0114911bis. Il effectue son service militaire de 1902 à 1905.

 

Il épouse Edwige Appolonie Fossé le 10 février 1909 à Mennevret.

 

Il rejoint son régiment à la mobilisation du 2 août 1914 avec le grade de base de 2ème classe.

 

Incorporé au 272ème Régiment d'infanterie de ligne qui est un régiment de réserve du 72ème Régiment d'infanterie de ligne 5ème bataillon 18ème compagnie matricule 6406.

 

Décédé le 2 août 1916 à Belloy en Santerre.

 

Son nom est gravé sur les monuments aux Morts de Esigny-le-Petit, Fieulaine et Mennevret

 

Croix de Guerre. Médaille Militaire

 

deliencourt001.jpg

 


Fieulaine : le monument aux Morts

 

Histoire du régiment jusqu'au décès du soldat Deliencourt.

 

En temps de paix, les 72ème et 272ème Régiments d'infanterie sont en casernement à la caserne Friant à Amiens

 

casernefriant2-copie-1.jpg

 

 

casernefriant3-copie-1.jpg

 

 

Les troupes rejoignent Stenay le 9 août puis Montmédy le 21. Le baptême du feu se fait à l'ouest de Verton le 25 août puis c'est le repli. Le 6 septembre 1914, le régiment s'installe à Orconte près de Vitry-le-François puis combat aux fermes des Petites Perthes. Le 18 septembre après deux jours de durs combats, le village de Melsicourt est repris aux Allemands. En octobre et novembre ce sont les combats du bois de la Gruerie puis retrait du front pour repos. De mars à début juin 1915, combats en Argonne : le 16 juin le régiment est dans la tranchée de Calonne près de Verdun. Le 17 juillet combats au Boyau Sarrolat. En octobre 1915, combats au bois du Paon. Le 6 c'est la prise du village et de la butte de Tahure.

 

tahure-copie-1

 

Le 25 octobre 1915, le régiment est transporté sur les Hauts de la Meuse. En novembre, il combat sur Génicourt. De décembre 1915 à juin 1916, combats de Vaux les Palameix. Début juillet 1916, transporté dans la Somme où il participe aux combats dès le 22.

 

Les derniers jours du soldat Deliencourt au front

 

29 juillet au 2 août 1916 inclus

Dans la nuit du 28 au 29, en exécution de l'ordre d'opérations n° de la 3ème DI, le Régiment quitte ses emplacments de bivouac à l'ouest de Dompierre, et vient, dans le secteur de Belloy en Santerre, relever le 128ème d'Infanterie. La relève s'effectue normalement entre 20 heures et 24 heures. Les bataillons du régiment sont répartis de la façon suivante :

5ème et 6ème bataillons en première ligne à la lisière sud de Belloy en liaison à droite avec le 352ème de la 121ème D.I., à gauche avec le 51ème de la 6ème brigade

 

29-30-31-1er - 2 : le régiment sur ses positions organise le terrain, en vue des attaques prochaines qui doivent avoir lieu dans le secteur. Création de boyaux, d'abris à munitions, de parallèles de départ, etc.

Pendant cette période, notre artillerie exécute des tirs de destruction sur les positions ennemies. L'ennemi riposte, et de ce fait, pendant ce séjour, le régiment subit quelques pertes.

Beau temps pendant toute la période. Distributions faites dans le ravin au S.O. d'Assevillers par les cuisines roulantes qui viennent sur le terrain.

Les TC et TR à leurs emplacments de la cote 83.

 

decesdeliencourt.jpg

La mention du décès du soldat Deliencourt sur le JMO (journal de marche et des opérations du 272ème Régiment d'Infanterie)

 

fichedeliencourt.jpg

 

  Si vous voulez en savoir plus sur les 72ème et 272ème Régiments d'infanterie, cliquez ici.

 

 

Sources :

Revue n°1 du Cercle d'histoire et d'études de Fieulaine

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

http://www.chtimiste.com

http://delcampe.fr

Archives de la commune d'Essigny-le-Petit

Monument aux Morts de Fieulaine



Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog d'Essigny-le-Petit
  • : Les nouvelles de la commune d'Essigny-le-Petit
  • Contact