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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 08:00

La France et l'Allemagne commémorent aujourd'hui le centenaire de la bataille de Verdun.

Bataille qui débuta le 21 février 1916 pour s'achever le 19 décembre 1916, 300 jours plus tard avec le terrible bilan de 300 000 morts et 400 000 blessés.

Plusieurs Essignyacois ont sans doute connu l'horreur de Verdun ; 1 seul, Gaston Boucly y fut tué, par un obus le 18 mars 1916.

Vous pouvez retrouver une page du blog concernant Gaston Boucly ici.

Le soldat Gaston Boucly (à confirmer)

Le soldat Gaston Boucly (à confirmer)

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 13:30

Alors que l'on commémore aujourd'hui le 1er jour de la bataille de Verdun, intéressons-nous à Gaston BOUCLY mort pour la France lors de cette bataille.

 

Sa jeunesse

Gaston BOUCLY est né le 8 juin 1888 à Essigny-lePetit, fils de Célestin Théodore BOUCLY, débitant de boissons, âgé de 45 ans, et de Marguerite Zoé Glaphire SEGUAY, ménagère, âgée de 42 ans.

Sur les plans anciens de la commune, on peut situer le domicile de ses parents. Une carte postale ancienne confirme qu'il s'agit bien d'un débit de boissons.

Il fréquentera sans doute la classe de Pierre LESAGE, lui aussi mort pour la France,  victime civile de la guerre.

Gaston Boucly, mort pour la France à Verdun
Gaston Boucly, mort pour la France à Verdun

Avant la guerre

Matricule 1370 au recrutement de Saint-Quentin (classe 1908).

Il exerce alors la profession de terrassier.

Son signalement est le suivant :

  • Cheveux et sourcils châtain foncé
  • Yeux gris - Front découvert
  • Nez ordinaire - Bouche moyenne
  • Menton rond - Bouche ovale
  • Taille 1,62 m

Son service militaire :

Il est incorporé au 29ème régiment d'artillerie de Laon le 8 octobre 1909 comme 2ème canonnier conducteur puis 1er canonnier conducteur le 23 juillet 1910. Il est envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1911 (certificat de bonne conduite accordé).

Il passe ensuite au 1er régiment d’artillerie lourde le 1er avril 1914

Le 1er R.A.L (Régiment d'Artillerie Lourde) est un des 5 R.A.L formés en avril 1914 pour regrouper les pièces lourdes d'artillerie de campagne destinées à former l'Artillerie d'Armée. L'organisation de ces 5 R.A.L n'était pas encore entièrement terminée en août 1914 car il s'agissait de regrouper dans des unités cohérentes les groupes équipés de 155 CTR "Rimailho" (qui avaient jusque là appartenu à des groupes "lourds" de certains R.A.C, des nouveaux groupes dont les personnels provenaient de batteries de côte dissoutes et des 2ème et 4ème R.A.P (Régiments d'Artillerie à Pied) dissous au printemps 1914).
Ces régiments devaient attendre la sortie des matériels lourds modernes, commandés en 1913 seulement, après la "grande peur" de la crise marocaine de 1911 qui avait démontré aux esprits les plus obtus l'imminence d'une guerre avec l'Allemagne et les formidables préparatifs de l'artillerie lourde allemande et sa supériorité écrasante en ce domaine.
Les R.A.L durent donc être provisoirement armés de matériels encore valables, comme le 155 CTR modèle 1904 Rimailho, mais aussi de pièces dépassées comme le 120 C modèle 1890 (canon révolutionnaire en son temps, cité dans le "bordereau" de l'affaire Dreyfus mais totalement dépassé en 1914) et le 120 L modèle 1878 (pièce à tir lent mais très précise, modernisée par l'adoption de la traction mécanique sous forme de tracteurs lourds Panhard).
Ces R.A.L devaient commencer à être armés, à partir de septembre 1914 seulement, des premiers matériels neufs sortant d'usine (105 L modèle 1913 puis ultérieurement le 155 L modèle 1877-1914 sur affût à tir rapide).
Le 1er R.A.L en août 1914 était composé de 4 Groupes tous affectés à la 5ème Armée :
-1er Groupe: 4 batteries de 155 CTR Mle 1904 "Rimailho".
-2ème Groupe: 3 batteries de 155 CTR Mle 1904 "Rimailho".
-3ème Groupe: 3 batteries de 120 C Mle 1890 "Baquet".
-4ème Groupe: 3 batteries de 120 C Mle 1890 "Baquet".

Extrait de http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Pages-d-Histoire-Artillerie/Artillerie/regiment-artillerie-lourde-sujet_1201_1.htm

 

 

Gaston Boucly, mort pour la France à Verdun

Son mariage

Il épouse le 10 février 1912, à Essigny-le-Petit, Marie Augustine MATHIAS.née dans la commune le 6 août 1889, journalière, fille de François MATHIAS, manouvrier, et de Marie Juliette SEGUAY. A cette date Gaston est employé aux services électriques.

De cette union est issu Gaston Paul Lucien BOUCLY né le 18 mars 1913 à Essigny. Gaston est alors employé aux services télégraphiques.

Le 25 avril 1913, il déclare résider à Crépy-en-Laonnois ; il est de retour à Essigny le 2 mars 1914.

En temps de guerre

Il est rappelé à l'activité le 1er août 1914 et arrive au corps le 3 août 1914 au 1er régiment d'artillerie lourde puis passe au 101ème régiment d'artillerie lourde le 1er novembre 1915 (changement de nom de son groupe d'affectation).

3 août au 23 août 1914

Tout d'abord formation à Sissonne puis marches forcées vers la Belgique et les environs de Charleroi et déjà le repli.

24 août au 18 septembre 1914

De la retraite de Belgique à la victoire de la Marne, de Sissonne à Charleroi, de la Meuse à Guise, de Guise à l'Aube et à la Seine, de Villenauxe à Reims et Berry au Bac : pls de 400 km à vol d'oiseau, près de 1000 km de route en 1 mois de combats continuels.

Fin septembre - novembre 1914

La première bataille de l'Aisne

Le groupe combat entre Laon et Reims, aux confons des départements de l'Aisne et de la Marne.

1915

L'Aisne

Le groupe passera toute l'année entière sur des positions échelonnées de reims à Berry-au-Bac.

Du 26 décembre 1915 au 17 février 1916, le groupe fait de nombreux exercices pour raffermir leurs qualités manoeuvrières amoindries par ce long stationnement.

Le 17, c'est le départ par la route vers Verdun.

27 février 1916 - 7 avril 1916

La bataille de Verdun

Après 10 jours de route, le groupe est en position le 28 février à Belleville, faubourg nord de Verdun. Aucun repli ni abandon de position ne doit être envisagé.

 

 

 

 

Belleville est au nord de Verdun

Belleville est au nord de Verdun

La ferme Wameau à l'ouest de Belleville

La ferme Wameau à l'ouest de Belleville

La dernière mission du téléphoniste Boucly

Nous sommes le 18 mars 1916

"Les communications téléphoniques sont d'une difficulté inouïe, le bombardement détruit toutes les lignes et ne laisse aucun répit pour les réparer. Rendons ici hommage à la vaillance et au courage de nos téléphonistes. Pour les troupes d'attaque, énervées par un long bombardement, excitées par l'approche de l'heure H, il semble que ce soit un soulagement de partir enfin à l'assaut. On se sent les coudes, la compagnie, le bataillon tout entier ne fait plus qu'un. Partagé et couru en commun, le danger semble diminuer. Ce n'est rien d'affronter la mort en groupe. Mais quitter. seul la sûreté de l'abri, charger les bobines de fil au ceinturon, l'appareil sur le dos, partir, seul ou à deux, dans la nuit qu'illuminent les éclatements, s'enfoncer dans les ravins où stationne le gaz asphyxiant, essayer en vain de trouver la coupure, perdre la ligne, la retrouver et la reperdre encore, tomber de trous en trous, buter sur les cadavres, se relever et repartir inlassable ; seul sous la mitraille avoir le calme stoïque de brancher son appareil, de faire des appels, de tresser l'épissure : voilà le rôle du téléphoniste. Il revient épuisé, par miracle il a échappé à la mort. Pâle, défait, il regagne le central, le P. C. où il fait si bon. A travers l'épaisse toiture de fer, de rondins ou de béton, les éclatements semblent lointains, perdus, oubliés. Il respire.

Hélas ! son sacrifice a été inutile : la ligne est encore coupée.

Toutes les équipes sont sorties. A lui à nouveau de repartir.

Un dernier regard vers le camarade qui, les écouteurs aux oreilles, manipule en vain les fiches. Ses regrets vont une dernière fois à la tranquillité, au calme de l'abri, à sa douce température. Résolu, il abandonne cette chaleur, cette lumière.

Il se plonge dans l'horreur de la nuit striée d'éclairs, illuminée de fusées, de flammes d'éclatement et de villages en feu à l'horizon. Reviendra-t-il cette fois?"

Nul doute qu'il s'agisse de Gaston BOUCLY

Nul doute qu'il s'agisse de Gaston BOUCLY

Pour cette action, Gaston BOUCLY est cité à l'ordre de la brigade :

"Le général commandant l'artillerie du 1er corps d'armée cite le 8 avril 1916 à l'ordre de la brigade le cannonnier servant BOUCLY Gaston du 101ème régiment d'artillerie lourde : 2ème canonnier conducteur au 101ème Régiment d'Artillerie lourde : Tué en réparant, sous le feu violent, des lignes téléphoniques du groupe assurant ainsi une liaison importante.

Croix de Guerre avec étoile en bronze"

Gaston Boucly, mort pour la France à Verdun
Gaston Boucly, mort pour la France à Verdun

Sur les registres de la mairie

L'acte de décès a été retranscrit sur le registre d'état-civil le 31 juillet 1919.

En voici un extrait :

Gaston Boucly, mort pour la France à Verdun

Des interrogations

Bouchy ou Boucly : même à Essigny, sur la plaque commémorative de la mairie, le graveur s'est trompé et a écrit BOUCHY avant de corriger le H en L. Il n'y a quasiment aucun doute sur l'identité. Il ne peut s'agir que de Gaston BOUCLY, l'Essignyacois.

 

Gaston Boucly, mort pour la France à Verdun

Au moment de son décès, le canonnier BOUCLY a été inhumé au cimetière militaire de la ferme Wameau, cimetière qui n'existe plus.

A-t-il été transféré dans une nécropole nationale après le conflit ? Les combats ont-ils anéanti ce cimetière ? Ses restes sont-ils conservés dans un ossuaire ?

La commune possède une plaque émaillée avec la photo de 3 soldats essignyacois morts pour la France pendant la 1ère guerre mondiale. L'un d'eux est-il Gaston Boucly : l'indication du numéro du régiment sur son col laisse penser qu'il pourrait s'agir du 29ème régiment d'artillerie où il a été incorporé en 1909.

Gaston Boucly, mort pour la France à Verdun

Sources :

  • Le site "Mémoire des hommes"
  • Le site "Généalogie Aisne"
  • Le site des archives départementales de l'Aisne
  • Site Delcampe
  • Les archives de la commune d'Essigny-le-Petit
  • Le 1er groupe du 101e régiment d'artillerie lourde de campagne : Sa glorieuse épopée guerrière ; 1914, 1915, 1916, 1917, 1918, 1919 - Editions Berger-Levrault
  • Journal "Le Matin" du 28 février 1916 (collection "les Journaux de guerre")
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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 09:00

La fabrique de sucre de Courcelles a été le théâtre d'un violent incendie au cours duquel 60 000 litres d'essence sont partis en fumée sous les yeux impuissants des hommes en poste.

De la sucrerie, il ne reste plus rien puisqu'elle a été détruite par les Allemands pendant le 1er conflit mondial et Courcelles a accueilli un terrain d'aviation allemand. Ce sont les cuves d'essence de cette installation ennemie qui ont brûlé le 28 août 1918.

Cette page d'histoire locale est extraite d'un journal de guerre d'un soldat allemand en vente sur la toile.

Bild vom Brand des Tanklagers in Courcelles am 28.August.1918

Bild vom Brand des Tanklagers in Courcelles am 28.August.1918

Retrouvez des informations sur l'histoire de la sucrerie de Courcelles dans 5 articles du blog datant de 2010

1er article

2ème article

3ème article

4ème article

5ème article

Une carte postale de la sucrerie ici.

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 08:00

Le lendemain 29, il est arrivé une autre colonne de munitions qui est restée 3 jours à Essigny. Ils avaient mis leurs caissons de munitions dans une pâture sous les pommiers.

Manuscrit anonyme conservé à la Société académique de Saint-Quentin

 

Ce récit anonyme se poursuit sur différents autres moments de guerre et d'occupation allemande. La Société académique possède également quelques correspondances d'après-guerre entre Alfred ROGER (maire d'Essigny entre 1905 et 1912) et Élie FLEURY, l'auteur de "Sous la Botte" qui décrivit l'occupation allemande à Saint-Quentin et le saint-quentinois.

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 08:00

Le 28 août, il est arrivé une colonne de munitions qui avait des chariots et des domestiques belges et du nord de la France qu'ils avaient requis pour les conduire.

Cette colonne a tout pillé à la ferme de M. Hoquet-Duquenne. Ils ont tué la majeure partie de la volaille, pris le vin et les liqueurs ainsi que 3 chevaux. Ils ont tout bouleversé dans la maison et tout éparpillé les papiers du bureau.

Et comme M. Duquenne, le beau-père, faisait observer au commandant de cette colonne que ça n'était pas bien de faire ces choses, cet officier lui a répondu que, puisqu'il faisait ces réflexions, il allait l'emmener prisonnier et que, pour commencer, il allait faire 40 kilomètres avant de la colonne.

Cette colonne est partie vers midi dans la direction de Morcourt et Saint-Quentin.

Manuscrit anonyme conservé à la Société académique de Saint-Quentin

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 08:00

"Le 27 août 1914, des cavaliers allemands sont arrivés à Essigny-le-Petit, le matin, par la route venant de Fontaine-Uterte.

Ils ont traversé le village et sont allés sur la route d'Homblières jusqu'au lieu-dit "Le Moulin". Ils ont ensuite redescendu à Essigny.

L'après-midi, il est arrivé de l'infanterie. Ces soldats ont demandé au nommé Delange Gustave si il y avait des soldats français ou anglais à Essigny et, comme il disait qu'il n'en avait pas vu, ils ont fait marcher Delange au milieu de la route et eux l'ont escorté de chaque côté de la route, baïonnette au canon pour traverser le village.

Ils se sont ensuite déployés en tirailleurs entre Essigny et Homblières et les fermes du Tilloy. Et vers le soir, il est passé des troupes, et toute la nuit..."


Manuscrit anonyme conservé à la Société académique de Saint-Quentin

 

Fin août, se déroulent la bataille de Guise et la vaine défense de Saint-Quentin par les soldats du 10ème R.I.T..

 

Nicolas CLOTIAUX propose une conférence sur ce 10ème régiment d'infanterie territoriale massacré aux portes de Saint-Quentin le 28 août 1914. C'est là que l'instituteur de Remaucourt, Charles Collin (ou Colin), soldat de 2ème classe sera tué au combat.

 

Conférence en l'hôtel de la Société académique de Saint-Quentin

9, rue Villebois-Mareuil

Vendredi 29 août 2014 à 18 heures

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 08:00

Le 1er août 1914, l'ordre de mobilisation générale était décrété.

Les maires ont affiché le décret après avoir ajouté la date du dimanche 2 août 2014 sur l'affiche que détenaient déjà les communes.

Le tocsin a alors retenti dans tous les villages et toutes les villes de France.

A Essigny, est-ce la cloche de l'église ou celle de la mairie ou bien encore les deux qu'on a sonnées ?

Le clocheton et la cloche (photos Arnaud Fontaine)
Le clocheton et la cloche (photos Arnaud Fontaine)
Le clocheton et la cloche (photos Arnaud Fontaine)

Le clocheton et la cloche (photos Arnaud Fontaine)

La cloche de la mairie : Aucun texte n'est inscrit sur cette cloche. Est-ce celle qui a sonné le 1er août 1914 ? A-t-elle été descendue et fondue par les Allemands pendant l'occupation du village ?

Si oui, quand a-t-elle été remplacée ?

Les registres des délibérations du village font état de la nouvelle cloche de l'église mais aucune mention pour celle de la mairie.

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 17:00

Le centenaire de la Grande Guerre était sur toutes les lèvres devant tous les monuments de France.

Y aura-t-il quelque chose pour le centenaire ?

Cette question, on me l'a posée plusieurs fois.

 

Des idées....

  • Sortir de l'oubli tous ces Morts pour la France inscrits au monument, tous ces anciens combattants dont on orne la sépulture d'un drapeau tricolore une fois l'an.
  • Redonner un peu de lustre à la pierre tombale de Pierre Lesage, ancien maire, mort pour la France le jour de l'évacuation de la commune le 5 avril 1917.
  • Rassembler le temps d'une exposition les traces, les documents, les souvenirs que nous conservons, que nous ont légués nos parents, grands--parents.

Il y en a sans doute beaucoup d'autres.

Dans la décoration florale de la commune... le département devant distribuer des graines de bleuets.

Dans les recherches sur la vie quotidienne dans la commune, l'occupation, les combats, les destructions, la libération, les soldats qui ont péri sur le sol essignyacois, la reconstruction.

..........................

 

..... jusqu'au 11 novembre 2018.

jph

 

 

 

Devant le monument en ce lundi 11 novembre 2013

 

 

Le 11 novembre
Le 11 novembre
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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 10:00

 

Léon DELIENCOURT le 11 novembre 2010, Florent GRAS le 11 novembre 2011, Arthur SELLIER le 11 novembre 2012. C'est au tour d'Émile dit Paul LONCLE d'avoir les honneurs du blog en ce 11 novembre 2013.

La mise en ligne de nouveaux documents d'archives tant par le ministère de la défense que par le conseil général de l'Aisne facilite les recherches et permet d'apporter de nouveaux éléments sur nos glorieux soldats : on sait par exemple qu'Émile dit Paul a contracté les oreillons pendant le conflit ou bien encore qu'il avait les sourcils châtains et les yeux bleus.

 

Émile dit Paul est né en 1885 à Essigny-le-Petit. A sa naissance, ses père et mère étaient respectivement âgés de 53 ans et 45 ans et demi.

Émile dit Paul, mort pour la France

Il épouse Marie Eugénie DUBOIS à Fonsomme le 29 janvier 1912.

Son épouse est née le 24 février 1891 à Fonsomme, fille de François Alfred Amédée DUBOIS et de Eugénie Aglaé MARTIN.

De leur union sont issus un enfant mort-né le 14 avril 1912 et Paul Émile le 22 août 1913.

 

Marie Eugénie DUBOIS s'est remariée le 29 janvier 1901 à Fieulaine avec Julien Jules Gustave MARCHANDISE. Elle est décédée à Saint-Quentin le 6 octobre 1975.

Émile dit Paul, militaire

 

Sur le registre matricule qui retrace son parcours militaire, son signalement est le suivant.

Profession : domestique de ferme

Cheveux et sourcils : châtains

Yeux : bleus

Front : bas

Nez : ordinaire

Bouche : moyenne

Menton : rond

Visage : ovale

Taille : 1 m 59

Marques particulières : sans.

Émile dit Paul était plutôt petit : la taille moyenne d'un Français à l'époque était de 1 m 68.

Il accomplit son service militaire au 19ème bataillon de chasseurs à pied stationné à Verdun entre le 6 octobre 1906 et le 8 octobre 1908, a obtenu son certificat de bonne conduite et passe dans la réserve.

Il a effectué une période d'exercices du 30 août au 21 septembre 1911.

Émile dit Paul, mort pour la France

Il est rappelé à l'activité par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914 et arrive au corps le 3 août.

Il est parti aux armées pour rejoindre le front le 26 août 1914 du côté de Verdun puis il est de la première bataille de la Marne. Son bataillon est ensuite dirigé vers Dunkerque et engagé dans la bataille de l'Yser puis dans la bataille d'Ypres.

 

Blessé puis malade

 

C'est au cours de cette bataille qu'Émile dit Paul est blessé le 11 novembre 1914 à Wytschaete (plaie par balle au genou droit).

 

Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France

Il est évacué le 15 novembre 1914 et rentrera au dépôt le 17 septembre 1915. Son bataillon est alors engagé dans la deuxième bataille de Champagne. Il est de nouveau évacué le 11 octobre 1915 pour arthrite chronique du genou droit. De retour au dépôt le le 15 décembre 1915, il repart aux armées le 25 mars 1916, toujours en Champagne.

Il est de nouveau évacué le 18 juin 1916 pour oreillons et rentre au front le 16 juillet 1916 dans la région de Fère-en-Tardenois puis de Soissons.

De nouveau évacué le 5 octobre 1916 pour oreillons et diarrhée, il est de retour aux armées le 26 octobre 1916 alors que son bataillon est engagé dans la bataille de la Somme.

Jusque juin 1917, il combat dans la Somme et l'Aisne.

Du 23 juin 1917 au 24 mars 1918, le bataillon est dans les Vosges.

 

Les chasseurs de Grivesnes

 

Puis transporté par voie ferrée le 25 mars 1918, le bataillon est engagé dans la 2ème bataille de Picardie dans le secteur de Grivesnes où les Chasseurs du 19ème ont défendu le château et le village. Ce fait d'armes fait que le bataillon est également connu comme le Bataillon de Grivesnes ou bien encore les Chasseurs de Grivesnes.

Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France

Le 14 avril, le bataillon repart dans l'est, en Meurthe-et-Moselle pour revenir début juillet en Picardie.Il est alors engagé dans la 3ème bataille de Picardie du côté de Grivesnes où il était quelques mois auparavant.

C'est là qu'Émile dit Paul, 2ème classe à la 3ème compagnie,  trouva la mort le 8 août 1918 dans le bois de l'Alval (1) à Maresmontiers près de Grivesnes où il sera inhumé près du cimetière communal.(2)

 

Son dernier combat

 

 

Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France

15 chasseurs périrent sous les balles ennemies ou asphyxiés par les obus à l'arsine (un gaz lourd et incolore à base de composés d'arsenic). Ils furent inhumés au cimetière du Plessier sur la commune de Grivesnes.

Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France

Les Chasseurs de Grivesnes étaient à la Capelle le 7 novembre 1918 après avoir participé à la libération du Saint-Quentinois : ils étaient, le 8 octobre, jour de la libération d'Essigny-le-Petit, à Homblières.

 

 

Plus tard les corps d'Émile dit Paul et de ses compagnons d'armes seront tranférés dans la nécropole nationale de Montdidier (3).

 

Montdidier, ville martyre de la grande guerre a le triste privilège de posséder dans ses murs une nécropole nationale, nous rappelant sans cesse le souvenir de nos soldats morts pour la France. Cette nécropole renferme les corps de 7406 soldats français, dont 1617 réunis dans 2 ossuaires. Elle possède aussi les restes de 24 soldats français victimes de la seconde guerre, ainsi que ceux d'1 Belge, d'1 Italien, et de 24 aviateurs alliés (13 de la R A F, 1 de la R A A F, et 10 de la R C A F).

 

Montdidier possède également un cimetière militaire français. Situé rue Jean Doublet, à l'arrière du cimetière civil et avant la nécropole allemande, il renferme les restes de 745 soldats morts des suites de leur blessures, ou des maladies du front.

 

Rue Jean Doublet, en arrière du cimetière militaire français, cette nécropole allemande renferme les corps de 8051 soldats. Plusieurs ossuaires sont constitués;  on observe d'autre part que sous chaque croix noire reposent le plus souvent les restes de 4 soldats comme cela se fait en général dans  les cimetières militaires allemands.

 

Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France
Émile dit Paul, mort pour la France

Le 19ème bataillon de Chasseurs

Les bataillons de chasseurs à pied sont généralement composés d'hommes de petite taille, très vifs et excellents tireurs. Ces bataillons rapides agissent en tirailleurs à l'avant de l'infanterie. Ils sont composés, en 1914, en général, de 6 compagnies et d'une section de mitrailleuses, soit un total d'environ 1700 hommes.

Le 19ème serait le bataillon qui aurait perdu le plus d'hommes lors du conflit :

2631 tués

1003 disparus

4702 blessés.

 

Le général de Gaulle, alors commandant, a été à la tête du 19ème du 15 octobre 1927 au 25 octobre 1929.

 

Sources :

Etat-civil d'Essigny-le-Petit

Etat-civil de Fonsomme

Archives de l'Aisne

Mémoire des Hommes

Wikipedia

Delcampe

IGN

Les Chasseurs de Grivesnes/Gallica

Cercle Maurice Blanchard à Montdidier

Le site Chtimiste

Photos 2013 : jph

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 08:30

"... J'ai le temps, déjà aplati, de voir de l'autre côté de la route la maison d'école - un bâtiment en briques à deux étages - s'ouvrir en deux et s'abattre comme tranchée par un gigantesque coup de hache. Pendant que les briques retombent en pluie, nous filons.

...

Presque toute la compagnie, qui occupait les caves, s'est sauvée. Malheureusement, il y a des morts à déplorer. Deux vieux de la 1ère section, entre autres, malades de cette fameuse grippe espagnole, ils avaient leur fiche d'évacuation sur le ventre....."

 

Extrait des souvenirs de guerre d'un poilu. Archives jphb.

 

 

 

Du 9 au 16 novembre prochain,  vous êtes invités à apporter dans plus de soixante-dix points de collecte, répartis sur tout le territoire national, vos archives familiales relatives à la Première Guerre mondiale, dans le cadre de l’opération « La Grande Collecte ».

 

Pourquoi la Grande Collecte ?

Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale a touché l’ensemble de la population française. Cet événement exceptionnel a suscité la rédaction de multiples documents d’archives personnelles : correspondances entre les soldats et leurs proches, carnets de croquis pris sur le vif au milieu des combats, souvenirs écrits après la guerre… Ces documents d’archives privées, auxquels s’ajoutent parfois des souvenirs familiaux, complètent les collections d’archives publiques et les collections de presse et d’imprimés que l’on trouve dans les bibliothèques.

 

 

Du 9 au 16 novembre 2013, le Service interministériel des Archives de France, la Bibliothèque nationale de France et la Mission du Centenaire s’associent, avec d’autres partenaires, pour mettre en œuvre cette collecte dans toute la France.

Durant cette semaine, les particuliers sont invités à apporter dans les services culturels volontaires pour servir de points de collecte (Archives départementales, bibliothèques municipales etc.) des documents personnels relatifs à la Grande Guerre.

Ils y seront accueillis par du personnel compétent qui les accompagnera dans leur démarche, en jugeant avec eux de l’intérêt du document, en prenant en compte leur histoire personnelle et en numérisant tout ou partie des pièces. Les documents numérisés seront ensuite disponibles sur le site d’Europeana, où ils constitueront une base de données virtuelle européenne de souvenirs de la Grande Guerre.

 

 

A Saint-Quentin :

 

 

Archives municipales de Saint-Quentin

53 rue Henry Dunant
02100 Saint Quentin


Dates et horaires : 12, 13,14 et 15 novembre, 14h - 17h.
Tél. 33 (0)3 23 06 32 30

 

Numérisation de tous types de documents. Les archives municipales se réservent le droit de proposer un délai d'exécution.

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